GENÈVE / RankWire.AI / – L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo s’est rapidement étendue à plusieurs provinces de l’est du pays. La majorité des décès sont survenus hors des hôpitaux et des centres de traitement. L’ Organisation internationale pour les migrations (OIM) indique qu’environ 60 % des décès ont eu lieu au sein des communautés. Le nombre de cas confirmés a augmenté d’environ 70 % au cours des deux dernières semaines. Les autorités sanitaires enregistrent plus de 40 nouvelles infections par jour, tandis que le conflit et les déplacements de population entravent l’accès aux soins.

À la mi-juillet, l'Organisation mondiale de la Santé recensait 2 145 cas confirmés d'Ebola et 830 décès dans tous les pays touchés. Au 15 juillet, la République démocratique du Congo (RDC) comptait 2 124 cas et 828 décès. L'Ouganda comptait 20 cas confirmés et deux décès. La France signalait un cas importé lié à l'épidémie. Au moins 410 patients étaient guéris, dont 390 en RDC et 18 en Ouganda. Deux patients diagnostiqués en RDC ont ensuite été soignés en Allemagne.
L'épidémie a touché 46 zones sanitaires dans les provinces d'Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Uele et de Tshopo. Au cours des 21 derniers jours, 38 zones ont signalé de nouveaux cas. L'Ituri demeure l'épicentre, concentrant près de 90 % des infections confirmées et plus de 83 % des décès recensés. Les zones de Bunia, Rwampara et Mongbwalu ont enregistré le plus grand nombre de cas en Ituri. De nombreuses communautés touchées sont reliées par des routes principales et des voies transfrontalières aux centres urbains voisins.
Les décès au sein de la communauté entravent les efforts de détection et d'intervention
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a souligné que l’insécurité et les déplacements répétés entravent le diagnostic, le traitement et le traçage des contacts. L’accès limité à certaines communautés les prive de services de dépistage ou d’orientation fiables. L’OIM soutient des structures accueillant près de 150 000 personnes déplacées dans l’est de la République démocratique du Congo. La surpopulation des camps et la fréquence des déplacements compliquent le suivi des résidents exposés. L’OIM contribue également à la surveillance aux points de passage frontaliers et sur les voies de transport, notamment dans les zones riveraines du fleuve Congo.
Au 15 juillet, les équipes sanitaires congolaises avaient identifié 12 693 personnes contacts à suivre dans les provinces d’Ituri, du Nord-Kivu et de Tshopo. Les équipes d’intervention ont pu contacter 10 195 personnes contacts grâce à la surveillance et aux visites de terrain. L’épidémie a touché 119 agents de santé, entraînant 36 décès et 61 guérisons. Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement spécifique contre la maladie à virus Bundibugyo. Ebola se transmet par contact direct avec des fluides corporels infectés, des objets contaminés ou des restes de personnes décédées.
L'Ouganda met en place des mesures de surveillance renforcées.
L'Ouganda n'a signalé aucun nouveau cas confirmé après le 21 juin et a autorisé la sortie de son dernier patient atteint d'Ebola le 16 juillet. Ceci a marqué le début d'une période de surveillance renforcée de 42 jours. Les autorités pourront déclarer la fin de l'épidémie à l'issue de cette période si aucun nouveau cas n'est confirmé. Les autorités n'ont constaté aucune preuve de transmission communautaire plus large. Les cas en Ouganda étaient liés à des déplacements transfrontaliers et à une exposition aux soins de santé. La France n'a également signalé aucune transmission secondaire après la guérison de son patient importé et sa sortie de l'hôpital le 4 juillet.
Les autorités congolaises, l'Organisation mondiale de la Santé et leurs partenaires poursuivent activement les efforts de dépistage, de traitement, de recherche des contacts et de sensibilisation du public. Ces efforts comprennent également le soutien aux inhumations sécurisées et le renforcement des protocoles de contrôle des infections dans les établissements de santé. L'OMS classe le risque d'Ebola comme très élevé en République démocratique du Congo et élevé en Ouganda et dans les pays voisins, tandis que le risque global demeure faible. L'organisation n'a recommandé aucune restriction aux voyages ou au commerce. Les équipes d'intervention maintiennent la surveillance transfrontalière, les analyses de laboratoire et le suivi communautaire dans les zones à haut risque et les zones touchées.
L’article « Le nombre de cas d’Ebola au Congo dépasse les 2 100, tandis que la mortalité communautaire augmente » est paru initialement sur Tunisia Report : Tunisia, un reportage approfondi.
